Le projet

Vivre avec la nature

Sommaire

Héritiers des accords de Paris, nous observons avec consternation que nous nous orientons, si rien n’est fait, vers un réchauffement à +4 degrés à la fin du siècle.

Nous subissons le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et sommes exposé·es à des pollutions généralisées dont on peine à évaluer les conséquences sur la santé humaine et animale.

Le capitalisme a construit une société « contre-nature ». Il est temps d’apprendre à vivre avec la nature, car nous formons avec elle un seul et même corps vivant.

La fracture sociale a fragilisé notre capacité à agir pour l’écologie. Toute une partie de nos concitoyens subit des discours moralisateurs et punitifs sans pouvoir assumer le coût d’un changement de véhicule, de la rénovation de son logement, ou de vêtements biosourcés.

L’écologie sera populaire, ou ne sera pas – dans les deux sens du terme : une écologie désirée parce qu’elle améliore la vie ; une écologie accessible à toutes et tous.

 

« Vivre avec la nature » : Sébastien Vincini présente la 4ème partie du Projet socialiste.

L’agriculture nourrit le pays, structure nos territoires, nos écosystèmes et conditionne notre souveraineté alimentaire. Pourtant, celles et ceux qui nous nourrissent sont parmi les plus fragilisés. Notre agriculture est constamment menacée : crises à répétition, pression des marchés, dérèglement climatique, concurrence déloyale… Chaque année, des exploitations disparaissent et l’installation devient un parcours d’obstacles. Notre capacité à produire demain recule. Ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques qui ont laissé s’imposer la loi du marché, au détriment du revenu paysan et de la cohérence écologique. C’est également un impératif d’ordre public que d’assurer l’approvisionnement alimentaire en quantité et en qualité de la population. L’accès à l’alimentation doit être considéré comme un droit fondamental.

Refonder notre modèle agricole, c’est d’abord, et avant tout, garantir un revenu digne. Sans prix rémunérateurs, il ne pourra y avoir de transition écologique, d’installation de nouveaux agriculteurs et de souveraineté. Sans une politique volontariste pour faciliter l’accès à la terre, il n’y aura pas de renouvellement des générations. C’est ensuite planifier et sécuriser la transition agroécologique. Il sera nécessaire d’offrir des débouchés, de partager de la valeur et d’accompagner les investissements. C’est enfin protéger face aux dérives du marché et de la concurrence internationale. La réciprocité des normes doit devenir la règle, car le libre-échange sans réciprocité tire les prix vers le bas, tout en nous empêchant d’appliquer nos règles sociales, sanitaires et écologiques. Nous défendons donc une agriculture ancrée dans les territoires, fondée sur l’agroécologie et le juste échange. Cela permettra aux paysans de vivre dignement de leur travail et à la France de retrouver une souveraineté alimentaire compatible avec l’urgence écologique. Produire autrement, c’est refuser la fausse opposition entre souveraineté alimentaire et transition écologique.

 

Un revenu digne pour tous les paysans

L’agriculture française traverse une crise profonde, révélatrice d’inégalités criantes. Alors que les agriculteurs travaillent 15 heures de plus par semaine que la moyenne de la population (INSEE), 16 % vivent sous le seuil de pauvreté. La profession, peu attractive et confrontée à un accès coûteux au foncier, perd ses exploitations : 314 000 depuis l’an 2000. La chute du nombre d’exploitations s’est traduit par la concentration de la surface agricole utile dans les mains de grands exploitants : en 2020, la surface d’une exploitation en France est de 69 hectares en moyenne, contre 55 en 2010. L’agriculture est devenue l’un des secteurs les plus injustes et inégalitaires : les 10 % d’exploitants les plus riches gagnent 4,5 fois plus que les 10 % les plus modestes. Notre souveraineté alimentaire se fragilise, et la France risque de voir sa balance commerciale agricole s’effondrer durablement. Il est urgent de soutenir les revenus des agriculteurs et agricultrices, et le modèle paysan.

Propositions

  • Cibler les aides de la PAC pour qu’elle favorise l’emploi agricole plutôt que la surface d’exploitation en plafonnant les aides à l’hectare à 100 000 euros et en incluant une dégressivité de ces aides, afin d’orienter ces aides vers les petites exploitations, les jeunes agriculteurs, les territoires à handicap naturel, les productions en recul, et la polyculture-élevage, ainsi qu’un renforcement de la structuration des filières.
  • Instaurer des prix minimums garantis basés sur les coûts de production réels, et encadrer les marges de l’agro-industrie et de la grande distribution.
  • Protéger la santé mentale des agriculteurs en renforçant les services de remplacement, afin de leur permettre de s’absenter sans mettre en péril leur exploitation, et en leur facilitant l’accès aux soins psychologiques.
  • Accroître le pouvoir de négociation des producteurs face aux géants de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire, en renforçant l’organisation collective des filières (interprofessions, coopératives, notamment les coopératives d’utilisation de matériel agricole, et les AOP), en valorisant leurs produits et en leur fléchant une part des soutiens publics.
  • Faire de l’élevage un pilier de la souveraineté alimentaire française. Une stratégie nationale de long terme permettra de soutenir l’installation de nouveaux éleveurs, de moderniser les exploitations, d’accompagner leur adaptation au changement climatique et de renforcer les moyens sanitaires publics. Les procédures administratives seront simplifiées.
  • Décentraliser la politique agricole en renforçant le rôle des régions, pour décliner les outils de soutien au plus près des spécificités et des difficultés de chaque territoire.
  • Favoriser la renaissance d’une agriculture de groupe, pour permettre aux paysans de mutualiser leurs moyens de production (terres, matériel, bâtiments) et leur travail. Les pouvoirs publics doivent renforcer un modèle basé sur l’organisation collective des agriculteurs (CUMA, Coopératives, Sica, Scop, OP…).
  • Favoriser le renouvellement générationnel, la reprise des exploitations agricoles françaises et l’installation. Adopter une grande loi foncière, garante du renouvellement des générations et protectrice vis-à-vis des fonds d’investissements étrangers ou prédateurs en veillant à la transparence des opérations d’acquisitions sous forme sociétaire. Elle facilitera l’accès au foncier, dont le foncier forestier, grâce à un renforcement de la politique foncière et à un dispositif de portage des prêts avantageux pour les jeunes et nouveaux agriculteurs, tout en veillant à respecter la priorisation de l’usage agricole des terres avec l’utilisation de baux ruraux. 
  • Renforcer la promotion sociale dans l’agriculture : adapter l’enseignement agricole à des profils sociologiques plus variés et permettre à des salariés agricoles d’acquérir les compétences en vue de reprendre des fermes. Cela passera par un triplement en 5 ans des moyens de formation en lien avec les Régions. Sortir du monopole des Chambres d’Agriculture pour permettre aux réseaux alternatifs d’accompagner les personnes en recherche d’emploi ou en reconversion.
  • Renforcer les pouvoirs des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) afin qu’elles puissent lutter efficacement contre la consommation masquée du foncier agricole.
  • Créer un droit de préemption des communes et des EPCI sur les forêts privées en voie d’abandon et lancer une plateforme numérique nationale permettant aux propriétaires forestiers d’identifier leurs parcelles et d’accéder aux dispositifs de gestion collective.
  • Réduire les coûts de production et accroître l’autonomie des fermes vis-à-vis des intrants coûteux (semences, engrais, eau, énergie, etc.), en ciblant en priorité les solutions de transition. Cette évolution fera l’objet d’un accompagnement financier des pouvoirs publics pour garantir la pérennisation de ces nouveaux modèles agricoles.
  • Garantir des droits sociaux effectifs aux agricultrices, aux agriculteurs, aux salariés agricoles. Revaloriser les retraites agricoles les plus faibles pour garantir qu’aucune personne n’ayant consacré sa vie à l’agriculture ne perçoive moins de 85 % du SMIC. Renforcer la reconnaissance sociale des conjoints collaborateurs et aides familiaux, très majoritairement des femmes, en limitant durablement les statuts précaires, en facilitant l’accès au statut de coexploitant ou de salarié.
  • Nationaliser les assurances agricoles afin de protéger les exploitations contre les hausses de cotisations d’assureurs privés face aux pertes liées aux aléas climatiques, complétée par un fonds national de catastrophe climatique agricole.

Une agriculture durable

Le modèle agricole conventionnel est à la croisée des chemins : il abîme les sols, fragilise la biodiversité et reste dépendant des engrais et pesticides de synthèse. L’agriculture est le 2ᵉ secteur émetteur de gaz à effet de serre en France (19 % des émissions). Pourtant, l’agriculture biologique peine à se développer : elle ne représente que 10 % des surfaces agricoles en France, faute de débouchés stables et de revenus sécurisés pour les agriculteurs. Le passage au bio ou à l’agroécologie est trop souvent vécu comme un risque supplémentaire, plutôt qu’une perspective souhaitable. Face au dérèglement climatique et à l’urgence d’une alimentation saine, la transition agroécologique doit devenir notre horizon stratégique. Préserver les sols, l’eau et la biodiversité, réduire les pesticides et équilibrer élevage et cultures sont des impératifs. Cette transition ne se décrète pas : elle exige un accompagnement technique et financier des agriculteurs, la structuration des filières, la valorisation des services environnementaux et la sécurisation des revenus. Les choix politiques doivent être à la hauteur pour bâtir une agriculture durable et souveraine : rémunérer les services environnementaux rendus par les paysans, soutenir le bio, protéger les terres agricoles et organiser la production au plus près des territoires.

Propositions

  • Développer l’agriculture biologique, agroécologique.
    • Réduire l’usage des engrais et des pesticides de synthèse et interdire les produits les plus toxiques dont le glyphosate. Il faut également veiller à empêcher toutes tentatives de réintroduction des produits interdits comme les néonicotinoïdes, en s’appuyant sur le principe de non-abaissement des réglementations déjà existantes. 
    • Protéger et renforcer la gouvernance scientifique dans l’encadrement des produits phytosanitaires, pour assurer l’indépendance des autorités sanitaires vis-à-vis des lobbys.
    • Réviser les règles des marchés publics afin d’introduire des critères de proximité et de responsabilité sociale et environnementale.
    • Encadrer strictement la propriété intellectuelle sur le vivant, en empêchant le dépôt de brevets sur les ressources génétiques et en soutenant activement la diversité des semences.
    • Sécuriser les agriculteurs qui s’engagent dans la transition écologique, en généralisant la rémunération des paiements pour services environnementaux, notamment via le retour des aides au maintien de l’agriculture biologique, en atteignant nationalement l’objectif européen de 25 % de surfaces biologiques.
    • Soutenir le développement des circuits courts, des AMAP, des coopérations locales et des réseaux de distribution de proximité afin de mieux rémunérer les producteurs et de garantir l’accès à une alimentation de qualité.
    • Protéger les semences comme un bien commun en créant une banque de semences publiques, mieux encadrer le droit de ressemer des graines sous certificat d’obtention végétale.
  • Assurer notre résilience alimentaire en construisant des stratégies d’adaptation au changement climatique par filière et par territoire.
  • Protéger les terres agricoles pour l’avenir en encadrant les usages non alimentaires des terres et en luttant contre l’artificialisation des sols, via la défense de l’objectif zéro artificialisation nette.
  • Faire de la protection des captages d’eau potable une priorité nationale en soutenant prioritairement les pratiques agricoles biologiques et agroécologiques dans les zones concernées.

 

Une pêche durable : protéger la mer et son économie

La pêche française est en crise. Avec le deuxième domaine maritime mondial, la France porte une responsabilité particulière dans la préservation des ressources marines, la protection des océans et le développement d’une pêche durable. Alors que plus de 70 % des produits de la mer consommés en Europe proviennent de pays tiers qui, souvent, ne respectent pas les standards européens, les pêcheurs Français n’arrivent pas à bien vivre de leur métier et en particulier ceux pratiquant la petite pêche, qui a perdu 14,5 % de ses emplois ces cinq dernières années. La surpêche industrielle, la pollution et le dérèglement climatique amoindrissent la ressource. L’âge moyen des navires est de plus de 30 ans : beaucoup trop de pêcheurs travaillent sur des navires vieillissants, polluants, énergivores, coûteux en maintenance et offrant des conditions de travail insatisfaisantes. La pêche maritime en France n’emploie que 12 463 marins, mais un emploi embarqué génère approximativement 3 à 4 emplois à terre (mareyage, transformation, commercialisation, construction navale). Si la pêche représente un secteur économique modeste, elle est vitale pour l’identité et l’économie des 20 000 km de territoires littoraux que compte notre pays. Nous voulons sauver la pêche française en construisant une politique publique de pêche et d’aquaculture 100 % durable.

Propositions

  • Reconnaître la pêche et l’aquaculture comme piliers essentiels de la souveraineté alimentaire européenne, en luttant contre l’importation de produits de pêche ne respectant pas les normes de qualité et de conditions de travail de l’Union européenne. 
  • Accélérer la transition écologique pour sécuriser l’avenir de la filière sans pêcher plus, mais en pêchant mieux. 
    • Renouveler et décarboner la flotte de pêche. 
    • Généraliser le déploiement d’engins de pêche plus sélectifs, moins énergivores et à faible impact sur les fonds marins. 
    • Renforcer la recherche halieutique publique et indépendante permettant d’identifier toutes les causes qui freinent l’atteinte du bon état écologique des stocks. 
  • Développer la mise en place d’aires marines protégées en visant 30 % de protection des mers et des océans dont 10 % de protection forte, fondées sur une gestion locale, autour des Régions, dotées d’une gouvernance incluant toutes les parties prenantes concernées. 
  • Refuser le développement de l’aquaculture non durable qui utilise de la farine de poissons issue d’une pêche principalement effectuée dans les zones économiques exclusives de pays en développement, dans des conditions sociales et environnementales désastreuses.
  • Promouvoir et protéger juridiquement les productions de pêche locales par le biais d’une consommation locale des établissements scolaires, de marques et labels, de soutien aux entreprises locales de transformation et commercialisation, le renfort du statut coopératif
  • Privilégier la pêche côtière et l’aquaculture familiale, promouvoir ce modèle au niveau européen et international et lutter contre les assauts de la financiarisation et de la privatisation.

 

Contre la concurrence déloyale et pour le juste échange

La Politique Agricole Commune (PAC) a été progressivement façonnée par une logique libérale fondée sur la mise en concurrence des États membres et l’ouverture accrue aux échanges internationaux. Cette orientation fragilise profondément les agriculteurs européens, confrontés à une concurrence déloyale de pays tiers ne respectant ni les mêmes normes sociales, ni les mêmes exigences environnementales. Cette situation crée une double injustice : elle pénalise les producteurs qui respectent des règles strictes, et expose les consommateurs à des produits aux standards sanitaires inférieurs. Elle contredit également les ambitions européennes en matière de transition écologique et de justice sociale. La pression sur les prix affaiblit les revenus agricoles, renforce le pouvoir des grands groupes agroalimentaires et favorise des pratiques destructrices pour la biodiversité. Face à ces dérives, notamment illustrées par l’accord UE-Mercosur, il est indispensable de refonder le multilatéralisme commercial. Le juste échange doit devenir un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire, du revenu paysan et de la transition agroécologique.

Propositions

  • Défendre le juste échange en refusant tout nouvel accord de libre-échange qui ne respecte pas la réciprocité effective des normes sociales, sanitaires, environnementales et de conditions de production. Inverser la charge de la preuve : les pays exportateurs devront démontrer que leurs produits respectent nos règles de production. Renforcer les contrôles aux frontières et prévoir l’exclusion du marché européen des opérateurs qui ne respectent pas ces règles. Refuser l’accord UE-Mercosur et tout accord qui exposerait les agriculteurs français et européens à une concurrence déloyale. Renégocier les accords manifestement injustes.
  • Harmoniser par le haut les règles sanitaires, sociales et environnementales au sein de l’Union européenne, afin de mettre fin aux concurrences internes entre États membres et de garantir aux agriculteurs une protection cohérente contre le dumping.
  • Refuser la renationalisation de la Politique Agricole Commune. Face à la concurrence déloyale, la réponse n’est pas le chacun pour soi, mais une PAC renforcée : règles communes exigeantes, protections effectives et revenus enfin rémunérateurs.
  • Relever les prix planchers européens, pour qu’ils soient réellement rémunérateurs.
  • Renforcer et simplifier les labels « Made in France », pour favoriser la production et surtout la consommation agricole nationale. Généraliser une information claire sur l’origine des produits, les circuits de transformation, les conditions de production et les dates de production afin de garantir une meilleure transparence pour les consommateurs.
  • Interdire la consommation en France des produits agricoles fabriqués en utilisant des pesticides et herbicides interdits en Europe, qui soumettent nos agriculteurs à une concurrence déloyale. Défendre l’extension de cette interdiction au niveau européen. 
  • Maîtriser les volumes et les prix en adoptant une gestion préventive et réactive des crises, à travers des outils de régulation des marchés et la création de stocks stratégiques alimentaires, pour éviter les effets de panique, la spéculation et contrôler l’inflation alimentaire.

 

Les Français sont conscients des dangers que représente la crise écologique et pour beaucoup, ils les subissent déjà. Mais la fracture sociale a fragilisé notre capacité à agir pour l’écologie. D’un côté, certains peuvent s’offrir la climatisation, un véhicule électrique, de la nourriture bio. De l’autre, toute une frange de nos concitoyens subit des discours moralisateurs sans pouvoir assumer le coût d’un changement de véhicule, de la rénovation de son logement, ou de vêtements biosourcés. 

L’écologie sera populaire, ou ne sera pas. « Populaire » doit s’entendre dans les deux sens du terme : une écologie désirée parce qu’elle améliore la vie ; une écologie accessible à toutes et tous.

 

Planifier la bifurcation écologique

À l’heure où les crises climatique, sociale et industrielle s’entrecroisent, la puissance publique ne peut plus se contenter d’ajustements à la marge. La bifurcation écologique impose un changement de méthode : passer d’une action fragmentée à une stratégie assumée de planification. Partout où des trajectoires contraignantes ont été fixées, en Europe comme ailleurs, la cohérence entre objectifs, moyens et contrôle a fait la différence. La France doit désormais franchir ce cap et faire de la planification écologique un levier de souveraineté, de justice sociale et d’efficacité publique. La transition écologique devra être socialement juste : aucune mesure ne devra faire peser l’effort principal sur les ménages modestes, les classes moyennes ou les territoires déjà fragilisés.

Propositions 

  • Remettre de l’ordre dans l’administration de la planification écologique. Fusionner le Secrétariat général à la planification écologique avec le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan pour constituer un pôle stratégique unique. 
  • Créer des lettres de plafond écologique pour fixer à chaque ministère des objectifs environnementaux et climatiques opposables. Ces lettres conditionneront les arbitrages budgétaires au respect d’objectifs écologiques précis, engageront la responsabilité des ministères dans la mise en œuvre et serviront de support à un contrôle renforcé du Parlement, notamment lors de l’examen des lois de finances et des lois de programmation.
  • Décentraliser la mise en œuvre de la planification écologique, pour décliner les trajectoires nationales en fonction des réalités territoriales.
  • Créer un parquet environnemental spécialisé pour faire appliquer le droit de l’environnement.
  • Reconnaître le crime d’écocide en droit pénal français et en confier la compétence à ce nouveau parquet.
  • Opérer des prises de contrôle publiques de secteurs stratégiques (eau, énergie, transports, alimentation) pour piloter la bifurcation écologique : les nationalisations et des européanisations vertes. Ces prises de contrôle publiques peuvent s’opérer aux niveaux national ou local, mais aussi européen lorsque les enjeux sont transnationaux.

 

Mieux vivre en ville, petites ou grandes

Les villes concentrent aujourd’hui l’essentiel des fractures sociales et écologiques : elles rassemblent les deux tiers de la population en situation de pauvreté et des émissions de gaz à effet de serre. L’urbanisation massive, qui concerne plus de 80 % des Françaises et des Français, s’est faite au prix d’une artificialisation accélérée des sols, menaçant terres agricoles et espaces naturels. Si rien ne change, l’équivalent du Luxembourg pourrait encore être urbanisé d’ici 2030. Cette trajectoire aggrave les îlots de chaleur, les risques d’inondation et les inégalités territoriales, entre centres gentrifiés et périphéries dépendantes de la voiture. Face à la diversité des situations urbaines, un impératif commun s’impose : adapter nos villes au changement climatique et garantir la justice sociale.

Propositions

  • Exiger de chaque ville de plus de 100 000 habitants qu’elle fasse connaître sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 (l’Europe l’a fixé à -40 % en 2030 et -55 % en 2040) et informer annuellement du niveau effectif de baisse de GES. Inciter les villes de plus de 500 000 habitants à adopter un budget climat aligné sur l’Accord de Paris.
  • Lancer un « Plan national friches » sur dix ans, permettant le recensement, l’acquisition et la dépollution des friches avec prise en charge intégrale pour les petites et moyennes communes. 
  • Financer et porter des projets locaux à fort impact social environnemental avec un « livret d’épargne pour la transition locale » : un nouveau produit d’épargne pour les Français, porté par les établissements bancaires, avec un taux faible (bénéficiant d’une légère bonification par l’État).
  • Instaurer des Plans locaux d’urbanisme bioclimatiques : favoriser dans les plans locaux d’urbanisme une architecture bioclimatique fondée sur des matériaux naturels (terre crue, bois, paille, chanvre, pierre locale) qui régulent l’humidité, limitent la chaleur et améliorent la qualité de l’air intérieur, plutôt que le tout-béton. Préserver les sols avec la notion de « Zéro artificialisation nette » qui permet la production de logements par la densification et non l’étalement.

 

Adapter nos logements

La transition énergétique du parc de logements est une priorité politique face à l’urgence sociale et climatique. Le logement, avec les transports, demeure l’un des secteurs les plus énergivores et expose des millions de ménages à une précarité énergétique croissante. Aujourd’hui, 7,4 millions de logements sont des passoires énergétiques, touchant près de 12 millions de personnes, tandis que la facture énergétique équivaut en moyenne à 5,6 % du budget des ménages, avec de fortes inégalités territoriales. Parce que 80 % des logements de 2050 sont déjà construits, notre action se concentrera sur la rénovation massive du parc existant. Nous ferons de l’adaptation du bâti un pilier de la politique du logement afin de garantir confort, sécurité et résilience face au dérèglement climatique, tout en réduisant l’empreinte carbone du secteur. Cette transition ne peut réussir sans un accompagnement renforcé des ménages modestes, pour assurer partout et durablement le droit à un logement digne et habitable.

Propositions

  • Rénover massivement le parc de logements existants, pour viser à la disparition des passoires thermiques en 2050. 
  • Créer une « prime pour le climat », en remplacement de « MaPrimeRénov ». Elle réduit le reste à charge pour le propriétaire au moment des travaux. Le financement se fait par une subvention et une avance remboursable sans intérêt, pouvant s’échelonner sur trente ans.
  • Planifier et organiser la suppression progressive des chaudières à gaz et au fioul, en les remplaçant par des pompes à chaleur.
  • Simplifier et accompagner les ménages dans la rénovation : tous les propriétaires seront accompagnés par l’ANAH (Agence Nationale pour l’Habitat). L’ANAH, à travers des conventions avec les collectivités territoriales engagées et leurs outils, mandatera un assistant à maîtrise d’ouvrage et effectuera les paiements aux artisans pour simplifier les démarches.
  • Adapter le bâti au changement climatique : l’adaptation du bâti urbain et rural pour le confort d’hiver et d’été doit permettre d’assurer la contribution à l’atténuation du changement climatique et la baisse des factures énergétiques des ménages. Pour cela, la collectivité publique doit soutenir l’innovation technique et sociale (habitat participatif, habitat modulaire). L’État doit encourager l’utilisation de matériaux plus respectueux et résilients. 

 

Être(s) sensibles : pour un droit au beau, au calme, au vert

Nous vivons à l’ère de la sensibilité brutalisée : les niveaux de pollution sonore, lumineuse ou de l’air que nous subissons explosent ; l’émergence des écrans dans nos quotidiens a complètement reconfiguré notre rapport à l’altérité et à la découverte du monde ; les manifestations de la biodiversité ont disparu de nos référentiels mentaux. La civilisation ultra-libérale a dégradé nos espaces de vie et notre habitat (publicité, hangars, logements insalubres, homogénéisation). Nous sommes aujourd’hui déracinés de la nature. Nos modes de vie contemporains nous conduisent à n’avoir, avec elle, qu’un contact superficiel : en 40 ans, 60 % des oiseaux ont disparu des champs en France ; sur la même période, les espaces artificialisés ont augmenté de 72 %. Or, une sensibilité prolongée et durable à la nature induit non seulement une plus forte volonté de la défendre, mais produit aussi des effets substantiels sur la cohésion sociale : les mesures de taux de violences intrafamiliales varient substantiellement selon que le logement social d’une famille a vue sur un parc ou sur un parking ; en classe, la présence de plantes vertes diminue le taux d’absentéisme des élèves ; à l’hôpital, la vue sur un paysage naturel réduit la durée de convalescence du malade de 0,7 jour en moyenne. Il nous faut imaginer des politiques de la vie sensible, pour garantir à chacun la protection de sa sensibilité par l’accès au grand air, au calme, ou encore à l’obscurité la nuit. 

Propositions 

  • Garantir à chacune et chacun un accès à la nature à moins d’un quart d’heure à pied ou en vélo de chez soi. Démultiplier le nombre de parcs, jardins partagés, corridors écologiques, cours d’école végétalisées en ville, etc. Créer des chemins pédestres et des voies cyclables dans les zones périurbaines où l‘accès sans voiture à la nature est souvent empêché. Intégrer des quotas d’espaces verts par habitant dans les documents de planification urbaine. Toute nouvelle infrastructure publique construite intègrerait une végétalisation massive des espaces (notamment dans les services publics et les centres de santé).
  • Construire 50 centres publics de repos dans la nature d’ici 2030, accessibles à toutes et tous en forêt, en montagne et au bord de la mer. Instaurer une tarification sociale.
  • Favoriser la mode éthique, qui soutiendrait les filières de recyclage, de réparation et de production de vêtements durables, en garantissant des prix accessibles à toutes et tous. Instaurer un bonus écologique pour les matières recyclées ou biosourcées, et interdire la publicité pour la fast fashion.
  • Adopter un plan national de lutte contre le bruit artificiel. Généraliser le revêtement antibruit, réduire les axes routiers urbains, contrôler strictement les motos et véhicules bruyants. Limiter le bruit des machines, des voitures, des transports par la mise en place de zones de « non bruit » sur le modèle des espaces naturels protégés. Protéger les zones d’exposition au bruit aérien en remboursant l’insonorisation des logements situés dans les périmètres définis par les plans de gêne sonore. 
  • Généraliser le remboursement des travaux d’insonorisation des logements situés dans les zones de forte exposition au bruit financé par la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA).
  • Sauver la nuit : du fait de la pollution lumineuse, l’obscurité totale disparaît la nuit. Nous devons limiter l’éclairage artificiel la nuit.
  • Remettre du sensible dans nos habitats. Garantir des vues dégagées, l’ensoleillement naturel, des horizons visibles et des espaces extérieurs ouverts dans tout nouveau programme ; interdire les vis-à-vis agressifs et les implantations sans lumière. Créer un label « Habitat Sensible » qui certifiera les logements intégrant ces exigences avec une aide publique pour les particuliers aux revenus les plus modestes et les bailleurs sociaux.
  • Apprendre la nature et aimer le vivant dès le plus jeune âge. Garantir une semaine de classe verte par enfant par cycle scolaire, financée par la puissance publique et exclusivement centrée sur la découverte du vivant et des techniques de protection de l’environnement, de l’alimentation et du goût. Doter les écoles de potagers à vocation pédagogique, afin de permettre aux élèves de comprendre le fonctionnement du vivant et des cycles saisonniers.

 

Protéger et partager la nature

En France, l’effondrement de la biodiversité est une réalité documentée. Disparition des insectes pollinisateurs, recul massif des oiseaux des campagnes, artificialisation continue des sols : nos écosystèmes s’appauvrissent sous l’effet de choix économiques et d’aménagements inadaptés. Cette crise du vivant fragilise notre agriculture, notre santé et notre souveraineté alimentaire. Protéger la nature nécessite aussi de savoir la partager. L’aspiration croissante des citoyens, notamment des urbains, à un accès aux espaces naturels doit être conciliée avec la préservation de la biodiversité et les activités historiques qui y sont liées. Un renforcement de la concertation, de la médiation et de l’éducation au partage de la nature est indispensable. 

Propositions

  • Réparer la nature. Lancer des programmes de restauration écologique ciblés : forêts dégradées, milieux aquatiques et zones humides, sols. Créer des « chantiers de réparation » participatifs pour la restauration des écosystèmes. Intégrer la réparation de la nature dans les outils de planification territoriale. 
  • Préserver la nature. Lutter contre l’artificialisation des sols avec le « Zéro Artificialisation Nette », tout en préservant le développement de nos territoires ruraux ainsi que des villes petites et moyennes. Octroyer des droits à la nature à travers un statut juridique pour certains espaces à protéger (forêt, rivières, zones humides…). Renforcer l’Office national des forêts (ONF) et leur assurer des moyens humains et financiers à la hauteur de l’importance de leur tâche.
  • Construire une politique nationale de coexistence avec le loup et les autres grands prédateurs fondée sur la concertation avec les éleveurs et les associations de protection animale, incluant prévention renforcée, indemnisation rapide et intégrale des pertes et contrôler la reproduction dans les zones de pastoralisme.
  • S’inspirer des Parcs naturels régionaux, laboratoires de concertation et d’expérimentation, pour définir le partage des espaces naturels. Mener à bien des projets « Conciliation des usages environnementaux, touristiques, récréatifs et économiques ». 
  • Renforcer les continuités écologiques et les trames vertes et bleues afin de mieux préserver la biodiversité et reconnecter les espaces naturels sur l’ensemble du territoire.
  • Renforcer la gestion concertée des grands massifs forestiers périurbains, à fort enjeu écologique, en favorisant les conventions de gestion entre propriétaires privés, collectivités locales et ONF.

 

Partager et protéger l’eau

L’eau est au cœur d’un affrontement politique majeur. Bien commun indispensable à la vie, elle est aujourd’hui accaparée, dégradée et marchandisée, au détriment de l’intérêt général. Sécheresses, pollutions, conflits d’usage et hausse des prix révèlent l’échec des politiques publiques à garantir un droit fondamental. En France, la diminution de la ressource en eau (-14 % en 15 ans), de sa qualité et l’état des réseaux témoignent d’un modèle à bout de souffle. La gouvernance de l’eau, fragmentée et opaque, favorise trop souvent des intérêts économiques au détriment des usagers et des territoires. À l’échelle mondiale, le stress hydrique alimente les inégalités et les tensions géopolitiques : 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Nous refusons que l’accès à l’eau devienne une nouvelle fracture sociale et géopolitique. Pour protéger et partager l’eau, nous devons en reprendre le contrôle démocratique. La ressource en eau doit faire l’objet d’une hiérarchisation démocratique des usages, pour ne pas compromettre durablement l’accès à l’eau des populations ni la résilience écologique des territoires.

Propositions

  • Assurer une gouvernance démocratique et une gestion publique de l’eau.
  • Préparer la France aux tensions croissantes sur la ressource en eau en élaborant une stratégie nationale d’anticipation et de gestion par bassin versant. Face aux effets du changement climatique, l’évolution de la disponibilité de l’eau devra être intégrée aux décisions publiques afin de garantir un partage soutenable de la ressource entre les besoins agricoles, industriels, énergétiques, environnementaux et domestiques.
  • Mettre en place une tarification progressive de l’eau, qui garantit un volume vital accessible à faible coût. Assurer la gratuité des premiers m³ d’eau, y compris dans les habitats collectifs où les habitants paient des tarifs gros consommateurs, mettre les usages essentiels à l’abri des augmentations liées à la raréfaction de l’eau et faire payer davantage les gros consommateurs. Encourager l’économie d’eau à travers un programme d’assistance public pour réduire la consommation domestique et les factures de 10 à 15 % en moyenne.
  • Mettre en place une politique ambitieuse de réutilisation avancée des eaux usées, associée à une lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau potable.
  • Préserver la qualité de l’eau aujourd’hui et demain.
    • Appliquer rigoureusement le principe pollueur-payeur qui devra devenir juridiquement opposable afin que les coûts de dépollution de l’eau liés aux pollutions diffuses industrielles et agricoles ne soient plus supportés principalement par les collectivités publiques et les contribuables.
    • Interdire les substances toxiques telles que les PFAS et les TFA pour protéger les points de captage d’eau potable. 
  • Adopter des solutions fondées sur la nature pour restaurer le cycle de l’eau (haies, zones humides, agroforesterie). Interdire les méga-bassines.
  • Reconnaître des droits juridiques à la nature et aux cours d’eau. Intégrer ces droits dans la Charte de l’environnement, en s’appuyant sur l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. 
  • Protéger et partager l’eau à l’international, en créant un consortium international incluant États, ONG, industries et scientifiques pour coordonner les actions de lutte contre la pollution de l’eau dans les bassins versants partagés. Rénover les infrastructures et favoriser l’économie circulaire de l’eau, en portant devant l’ONU et la Banque mondiale la mise en place d’un fonds dédié à la rénovation des infrastructures hydrauliques des pays en développement.

 

Bien-être animal : protéger le vivant, protéger les humains

Le bien-être animal n’est pas seulement une question morale : c’est un enjeu de santé publique, de dignité au travail, de justice sociale et de transition écologique. Les métiers liés aux animaux – abattoirs, élevage industriel, pêche – figurent parmi les plus pénibles et les plus invisibilisés. Cadences élevées, gestes répétitifs, horaires décalés, exposition constante à la souffrance et à la mort entraînent une usure physique et psychologique. Cette situation découle d’un modèle agro-industriel productiviste qui traite le vivant comme une marchandise, au mépris de la sensibilité animale reconnue par le droit. En France, la majorité des animaux abattus provient d’élevages intensifs, dont les conséquences sont graves pour le bien-être animal, la santé des travailleurs et la santé publique. Dans la sphère privée, près d’un foyer sur deux vit avec un animal, mais le coût des soins vétérinaires, l’absence de garde accessible, les difficultés de transport ou l’exclusion de nombreux lieux publics conduisent à des abandons évitables, affectant personnes âgées, familles modestes ou personnes sans domicile. La France reste en décalage sur des pratiques reconnues comme douloureuses et les filières évoluent peu faute d’accompagnement et d’anticipation des reconversions. La sortie de l’expérimentation animale reste théorique, les méthodes alternatives étant insuffisamment financées. En protégeant le vivant, nous protégerons l’être humain.

Propositions 

  • Améliorer les soins liés aux animaux de compagnie et aux chiens d’assistance avec des services vétérinaires de base (identification, stérilisation) accessibles aux personnes à faibles revenus (bâtiment public, vétérinaire bénévole). Autoriser la présence des animaux de compagnie dans les EHPAD, hébergements d’urgence et transports publics. Prévenir les abandons liés à la précarité par le déploiement de pensions publiques ou conventionnées pour les personnes sans domicile.
  • Faciliter la cohabitation avec les animaux dans l’espace public et dans certains lieux de travail, en incitant les employeurs à traiter le sujet dans le cadre du dialogue social. 
  • Mettre fin à l’élevage en cage et accompagner la reconversion des éleveurs par le rachat de dettes, la formation, des prêts à taux zéro, l’accès au foncier et la sécurisation des revenus.
  • Réduire la souffrance animale et améliorer les conditions de travail dans les abattoirs. Auditer les méthodes d’étourdissement et interdire l’abattage sans étourdissement préalable. Réduire les cadences, reconnaître la pénibilité spécifique de ces métiers.
  • Encadrer la chasse. Généraliser les méthodes non létales (stérilisation des chats libres, pigeonniers contraceptifs, gestion non létale des animaux liminaires).
  • Renforcer l’effectivité du droit de la protection animale en correctionnalisant l’ensemble des infractions. Créer une autorité administrative indépendante dotée d’un droit de visite inopinée dans les élevages et abattoirs. Étendre les droits des associations à se constituer partie civile.
  • Financer des alternatives à l’expérimentation animale, la réduire et en sortir chaque fois que cela est possible. Interdire les expériences visant l’augmentation de la productivité animale.
  • Interdire, conformément à la loi du 30 novembre 2021, l’utilisation d’animaux sauvages dans les établissements itinérants à partir du 1er décembre 2028.
  • Lutter plus efficacement contre le trafic d’animaux et les élevages illégaux en renforçant les moyens de contrôle, d’enquête et les sanctions applicables aux contrevenants.
  • Appliquer de manière réelle et pérenne les lois relatives aux conditions de transport des animaux d’élevage. Augmenter la fréquence des contrôles en recrutant davantage d’agents publics.